Un même événement, vu par l'enseignant ou par les élèves, peut avoir bien des significations.

Il y a deux semaines, nous rentrions de classes de découverte. Si les élèves ont déjà commencé à écrire leurs impressions et leur vécu, l'enseignant est un peu à la traîne. Je profite donc de ces quelques jours (2 semaines quand même!) de congé pour combler ce vide.

En conclusion de la semaine, beaucoup d'enfants - si ce n'est tous - ont parlé de ce qu'ils avaient apprécié et de nombreuses activités se sont soldées par des "On peut le refaire?", preuve que certains au moins avait beaucoup aimé ce qui leur avait été proposé. Pourtant, en étudiant de plus près les temps forts énoncés par les enfants et ce que nous avions ressentis, force était de constater qu'ils étaient souvent différents. Ainsi, si pour nous, adultes et enseignants, l'adminiration de la nature à 2 800 m était un des clous de la semaine, pour les enfants, ce sont plutôt le jeu de nuit, les temps de folie ou encore la présence d'un petit parmi nous qui ont été les faits les plus marquants.

Quand nous avons l'impression que nous sommes arrivés quelque part, que nous avons réussi, que quelque chose s'est enfin débloqué, il y a de fortes chances que notre ressenti ne soit pas partagé par nos élèves ... parce qu'ils ont un autre regard, qu'ils interprètent les choses différemment. Non pas mieux ou moins bien, simplement différemment. A l'inverse, alors que nous pouvons penser qu'un fait est insignifiant, il se pourrait qu'il marque à vie un enfant ... parce que le message est particulièrement important pour lui.

Il se peut également que des messages de vie que nous donnons aux enfants semblent résonner creux pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois ... jusqu'au moment où l'élève nous le redira, peut-être même avec l'expression exacte que nous avions utilisée, non pour nous répéter mais parce qu'il l'aura découvert par lui-même.

Ne cessons pas de nous émerveiller des temps forts que nous vivons avec nos élèves parce qu'ils ne s'en réjouissent pas de la même manière que nous. Sachons apprécier ceux que les élèves vivent avec nous, même s'ils ne sont pas les mêmes. C'est autant de joies et de sourires qui enrichissent notre vie commune.