Pour une école où chacun aura sa place ...

On parle de télévision 2.0, d'internet 2.0, à quand l'école 2.0?

Bien sûr, c'est une vue de l'esprit (je devrais dire plutôt de la pensée!) car l'école a déjà vu tellement de changements depuis que le monde est monde qu'il s'agirait plutôt de parler de l'école xxxx.0 !

Au-delà de cette introduction légère, le problème actuel est bien plus grave. Ce message se veut dans la continuité du billet concernant les enfants en souffrance dans un milieu scolaire inadapté. Si des enfants souffrent dans l'école, ce n'est peut-être pas seulement de leur faute, ni peut-être tout à fait de la nôtre, enseignants, mais rejeter la faute et donc la responsabilité du changement sur un système, une mentalité ou une philosophie ne fera pas avancer les choses.

Il y a des élèves qui sont déformés au lieu d'être formés dans nos écoles. On peut dire que ce n'est pas vrai, ne pas voir cette réalité ou refuser de la voir, ça n'en est pas moins une réalité. Etant enseignant, je ne veux plus continuer de subir et de faire subir, je veux être un acteur du changement.

Bien sûr, le système scolaire ne changera pas du jour au lendemain, tant les concepts sont ancrés et les peurs tout aussi réelles. L'école, standardisée adpatée à tous ne verra pas le jour à la prochaine rentrée. Pourtant, dans ma classe, dès demain - aujourd'hui c'est congé! - je peux amorcer un changement, évaluer d'autres possibilités de faire, être à l'écoute et agir.

Je n'ai jamais été un grand passionné de pédagogie théorique: les grands courants, les grands penseurs en la matière ont certes apporté des réflexions importantes, mais pas au point de remplacer tout ce qui a été dit, fait et expérimenté avant eux. Pourtant, je suis convaincu que l'approche de chacun a des côtés appréciables qui, compris et appliqués les uns à côté des autres, nous aideraient à permettre à chaque enfant de se sentir un peu plus à sa place dans nos classes, dans ma classe ...

Je perçois que, aussi dévoué qu'on puisse l'être, tout changement n'arrive pas juste par une idée ou une prise de conscience. Parfois, cette nécessité prend la forme d'un ou de plusieurs élèves, perdus, paniqués, ... qu'il faut à tout prix aider. D'un acte ponctuel peut naître un profond changement de pratique. C'est ce que je veux tenter ... et si ça ne marche pas, au moins j'aurai essayé ... et un(e) élève en aura profité.